C’est en ce jeudi 7 mai 2026, que plusieurs classes du lycée Pierre de Coubertin, à Meaux, se sont rendues au Struthof, le seul camp de concentration, existant en France, en Alsace, à 50 kilomètres de Strasbourg, 800 mètres d’altitude. Les Classes de 1CIEL1 et 2 ( cybersécurité, informatique et réseaux électroniques) ainsi que quelques élèves de 1MELEC1 (métiers de l’électricité et de ses environnements connectés) étaient accompagnés de de leur professeure d’Histoire-Géographie, Mme Liagre, ainsi que de leur professeure d’Anglais, Mme Desprat, de leur professeur d’atelier, M Serpette et de leur proviseure-adjointe, Mme Bochet-Mercier.
Ayant été préparés à cette visite, les élèves n’ignoraient pas que ce camp avait été construit par les nazis, sur une ancienne station de ski, au cœur de la forêt vosgienne. Décision prise par le colonel SS Blomberg, d’ériger un camp d’une superficie de 4.5 hectares, comportant 18 baraquements. Commencé le 21 mai 1941, avec l’arrivée de 300 détenus, en majorité allemands, provenant du camp de Sachsenhausen, il devait comporter 2000 déportés. En réalité, c’est 6000 malheureux, de tous horizons, qui s’y trouvaient, au cours de l’été 1944. La raison de l’implantation de ce camp ? La découverte, en septembre 1940, par les nazis, d’un filon de granite rose, sur le mont Louise, à proximité de Natzwiller. Le but étant de l’exploiter, au profit du Reich.

C’est dans ce contexte que tous les élèves se rendirent au cimetière, plus précisément, devant la stèle, haute de 40 m. Cette stèle symbolise une flamme du crématoire, dans laquelle se trouve un déporté ou plutôt son esprit dont les membres sont allongés. Le corps part en poussière mais l’esprit survit. Dominant le camp, elle nous rappelle, sans cesse, les horreurs qu’ont endurées les déportés. 17 000 personnes y ont perdu la vie.

Les élèves se sont recueillis pour faire une minute de silence, en hommage à toutes ces vies sacrifiées, au nom d’une politique barbare. Puis, ils ont chanté la Marseillaise, avec la permission du centre européen du résistant déporté. Moment fort, à la veille de la date anniversaire de la capitulation allemande.
Ensuite, ils se sont rendus dans les différentes parties du camp : le musée où nombre de vestiges des déportés sont exposés comme les vêtements, les galoches, les châlits dans lesquels dormaient les déportés et de nombreux témoignages, illustrés de dessins réalisés par le déporté Henri Gayot.
Aussi, ils ont pu prendre conscience de la barbarie nazie, en visitant le four crématoire qui alimentait en eau chaude, les douches, situées juste à côté, en faisant brûler les corps…La table de dissection ou les prisons dont certaines, très petites ne permettaient pas de s’allonger ni de se tenir debout. Les élèves ont pu voir le chevalet de bastonnade qui faisait office de torture, lorsqu’un déporté se faisait frapper durement à coups de bâton et que les autres, spectateurs, ne pouvaient pas réagir, au risque de leur vie, ainsi que la potence.
Enfin, en remontant vers la sortie, ils ont pris conscience de la pente que les déportés devaient monter tous les matins, pour un appel, sur les premières terrasses, avec 600 calories, dans le ventre, par jour. Un appel qui pouvait durer jusqu’à quatre heures, sans bouger, avec des vêtements peu chauds, en plein hiver. Ce camp est le premier camp découvert, par les Américains, le 25 novembre 1944. Les Russes découvriront l’horreur des camps d’extermination en pénétrant dans celui de Majdanek, situé en Pologne, le 24 juillet 1944.
C’est ainsi que s’acheva notre visite du Struthof. Les objets et bâtiments sont des témoignages et les preuves d’une souffrance endurée et d’une barbarie sans nom. Les élèves, porteurs de ce savoir, pourront, à leur tour, témoigner de ce qu’ils ont vu, au Struthof.
Churchill : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre »
Cette sortie n’aurait pu se faire sans la libéralité de la mairie de Meaux, pour avoir permis aux élèves de visiter ce camp gratuitement. Nous l’en remercions, chaleureusement.
Merci à Mme Liagre, professeure de Lettres-Histoire pour avoir organisé cette sortie.